EAU : l'eau que nous buvons

Publié le par cresantignes.info

 

L'eau "potable", distribuée par le service municipal des eaux de Crésantignes, est un savant mélange d'eaux provenant de 2 ressources.

 

1) La source de Valmery

 

Une partie de cette eau provient d'une source (Valmery) dont la zone de captage est située en forêt au dessus de Javernant (si j'ai bien compris ce qui s'est dit en CM ? désolé, mais, moi, je n'ai pas le droit de poser des questions : streng verboten, "Fous le dehors", outrage et compagnie…). La ressource qui alimente Javernant est située dans le même secteur forestier et si l'on en croit les analyses de l'ARS, le taux de nitrates dans l'eau de cette commune y est fréquemment particulièrement faible. Ainsi :

septembre 2011 : 2mg/L ; février 2012 : 2mg/L ; juin 2012 : 2mg/L

(nous passerons pudiquement sous silence, l'analyse de septembre où la présence de pesticide (atrazine) et une montée du taux de nitrates à 37mg/L ont dû inquiéter nos voisins buveurs d'eau et ce d'autant plus que leur problème récurrent se situe plutôt du coté de… la contamination bactériologique).

Dès lors on peut penser, une analyse le confirmerait sûrement, que l'eau de la source de Valmery, injectée dans le réseau créteignat a un taux de nitrates très faible, sans commune mesure avec les taux observés aux robinets de nos habitations. Voici, trouvées sur le site gouvernemental de l'ARS (Agence régionale de la Santé), les taux relevés entre mars 1993 et novembre 2012 à Crésantignes.

Graphique-Tx-nitrates-Cresantignes.jpg 

La moyenne calculée est de 32 mg/l, 16 fois plus qu'à Javernant… en temps "ordinaire" !

On remarquera sur ce graphique, que la droite de tendance (trend calculé par la méthode des moindres carrés) fait apparaître une fâcheuse tendance à l'accroissement régulier du taux de nitrates créteignat au cours des 20 dernières années. Contrairement à ce que prétendent d'une manière générale les lobbies chimiques, agricoles et para agricoles, la pollution des nappes phréatiques et des estrans par les nitrates, non seulement n'est pas maîtrisée, mais augmente encore régulièrement.

 

2) Le puit des Corvées

 

Le débit de la source de Valmery ne peut hélas satisfaire en totalité aux besoins actuels des habitants de Crésantignes (ordre de grandeur : 100 m³/hab/an). Il est donc fait appel à un complément de ressource en provenance d'un puits situé sur la commune (peu boisée !!) de Machy : le puits des Corvées. L'eau en provenance de ce puits a un taux de nitrates supérieur à la limite autorisée de 50 mg/L. Une analyse récente (octobre 2012) montrait une teneur en nitrates de 65 mg/L. Cette eau polluée aux nitrates, est impropre en l'état à la consommation et doit donc être mélangée…. à celle de la source de Valmery.

 

C'est ce mélange qui affiche ainsi une teneur en nitrates moyenne d'environ 32mg/l. C'est cette eau "conforme aux limites et références de qualité des eaux brutes destinées à la consommation humaine, définies par l'arrêté du 11 janvier 2007", que l'on nous donne… à boire

 

Quelques extraits du

Dossier d’information

La qualité de l’eau potable en France

Aspects sanitaires et réglementaires

Ministère de la Santé et des Solidarités

Direction générale de la santé

 

La présence de nitrates dans l’eau d’alimentation peut avoir plusieurs origines :

- une origine liée aux activités humaines (rejets industriels, agricoles et urbains) ;

- une origine naturelle dans la mesure où les nitrates résultent des transformations de l’azote dans les eaux et les sols (cycle de l’azote).

Les teneurs excessives en nitrates dans l’alimentation sont susceptibles de faire courir des risques de méthémoglobinémie chez les nourrissons. En effet, les nitrates transformés dans l’organisme en nitrites, peuvent par la modification des propriétés de l’hémoglobine du sang, empêcher un transport correct de l’oxygène par les globules rouges. Toutefois, aucun cas de méthémoglobinémie lié à l’eau d’alimentation n’est recensé aujourd’hui en France.

Chez l’adulte, les nitrites sont suspectés d’être à l’origine de certains types de cancer.

 

La limite de qualité est fixée à 50 mg/L en nitrates dans l’eau d’alimentation. Elle est fondée sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La valeur guide de l’OMS a été déterminée de manière à éviter la survenue de méthémoglobinémie chez le nourrisson.

 

En 2002, 41 473 mesures de nitrates ont été effectuées à la sortie de 14 266 installations de production (installations de production : stations de traitement ou captages en l’absence de traitement). Ces contrôles permettent de :

- connaître la concentration en nitrates des eaux mises en distribution (eaux produites) ;

- vérifier le respect des limites de qualité de l’eau délivrée aux consommateurs.

Les résultats du contrôle sanitaire réalisé en 2002 par les DDASS figurent dans le tableau ci-après.

  Tableau tx de nitrates

 

 

 

On remarquera qu'avec un taux moyen de 32 mg/L, l'eau de Crésantignes n'est pas particulièrement bien placée. En effet, près de 60% des productions étudiées ont un taux moyen inférieur à 10 mg/L, 20% ont un taux compris entre 10 et 25 mg/l alors que seulement 14% ont un taux entre 25 et 40 mg/L.(les 6% restant faisant pire encore !!)

 

Si du point de vue "légal" la barre des 50mg/L sépare le "bon" du "mauvais", il est bien sûr évident que plus le taux de nitrates est faible, mieux cela est, du point de vue… sanitaire.

La comparaison avec une eau de source en bouteille est instructive. Une eau de source en bouteille "bon marché" telle que la très répandue Cristaline dite "sans nitrates"

EAU-Cristaline-blog.jpga une teneur en nitrates garantie inférieure à 1 mg/L, soit 32 fois moins que l'eau distribuée à notre robinet par le service municipal. Cette eau en bouteille a hélas un gros défaut : à 0,13 € le litre, elle coûte… 100 fois plus cher que l'eau du robinet ! Dans les pays pauvres (sahéliens en particulier), l'eau potable est déjà pour beaucoup d'habitants un luxe inaccessible. Ne serait-il pas grand temps que notre société de consommation, se préoccupe sérieusement de protéger durablement dans l'intérêt de nos petits enfants, la qualité des eaux naturelles et donc du service de distribution des eaux alimentaires.ONEMA-pollution.png

 

A Crésantignes, qui donc s'en soucie ?

 

Le 25 octobre 2012, lors de la réunion du CM, il fut question du service des eaux.

Branchements en plomb

Le premier point abordé concernait les fameux branchements en plomb qui devraient disparaître avant le 25 décembre… 2013. Combien en reste-t-il de ces branchements "toxiques" dont le nombre avait été, sous la pression de quelques articles parus sur ce blog en 2011, évalué à 67 ?

Seule certitude à l'automne 2012, 4 branchements en plomb ont été changés ruelle du Béché mais pas, comme il avait été annoncé par le maire (CM 08 12 2010), dans le cadre de la réfection de la voirie… puisque cette réfection semble bien avoir été discrètement passée aux oubliettes.

La rubrique " Réparations diverses fuites sur branchements plomb et remplacements" pour un coût TTC de 7500 € qui figure dans le "mot du Maire 2013" est un savoureux fourre tout datant de 2011 dans lequel le nombre des branchements changés en 2011 reste cependant prudemment… dissimulé. Transparence municipale oblige !!

Le nombre des 67 branchements en plomb changés a donc été de :

* x (en maths, x désigne plutôt l'inconnue que la variable… cachée !). Que vaut x ? Mystère !

* 4 en 2012.

Le 25 octobre, le CM a décidé de changer 6 nouveaux branchements… l'année prochaine ! Réjouissons nous : à ce rythme, dans 10 ans peut-être, les branchements au plomb auront été changés mais pour un coût maximal puisque aucune subvention n'aura pu être obtenue pour ces travaux "à la petite semaine". Quant aux habitants concernés par ces branchements en plomb, ils peuvent toujours acheter de l'eau en bouteille et demander au maire à être remboursés.

 

La mise en conformité des premiers branchements, soulève par ailleurs quelques remarques. N'est-il pas fort regrettable que personne n'ait songé parmi les "conseillers" du maire Blanchard, à mettre à profit ces travaux pour, par exemple, comme cela s'est fait dans d'autres communes (voir la presse locale),

* déplacer les compteurs en dehors des propriétés pour faciliter ce fichu relevé annuel qui met le maire à crans (dans les fins fonds du Morvan (!!), les services publics des eaux sont en train d'installer des compteurs permettant le relevé à distance).

* et surtout proposer aux clients concernés, de profiter de l'opportunité des travaux et de la présence des engins de terrassement pour éliminer les canalisations en plomb entre le compteur et la maison (facultatif bien sûr).

 

Dans quelques années quand tous ces "bricolages" sur les trop vieux branchements au plomb seront enfin achevés, quand la pose de "rustines" pour colmater les fuites sur le réseau centenaire en fonte aura coûté chaque année des sommes importantes, peut être le temps sera-t-il venu pour la Commune de devoir réhabiliter le réseau d'eau dans sa totalité et de maudire, non pas l'imprévoyance mais l'irresponsabilité de ses élus.

Le 5 juillet 2011 dans un article intitulé "Entre Autres Urgences… municipales" [voir cet article], j'écrivais :

  

C’était en 2007…[…] à Crésantignes, cette année là, le maire Blanchard I sans nul doute au courant des nouvelles dispositions de la Loi, déclarait dans une délibération (séance du 24 septembre 2007) avoir « demandé au Syndicat Départemental des Eaux de l’Aube un mémoire technique concernant un éventuel renforcement du réseau de distribution en eau potable ».

 

Le réseau existant y était ainsi décrit :

« …celui-ci est composé principalement de canalisations en fonte datant des années 1910 […]. Les canalisations en fonte sont cassantes et de nombreuses fuites apparaissent régulièrement. Il faudrait donc renforcer (sic) l’ensemble des canalisations en fonte ce qui permettrait également le remplacement des branchements individuels (dont certains sont en plomb) ».

 

Beau programme que le compte rendu du CM paru dans la presse, "résumait" ainsi :

Le CM « étudie [...] le projet de réhabilitation des conduites du réseau sur la commune ».

Ce qui m’avait fait écrire à propos de ce compte rendu : il est des cas où "rien" est plus honnête que "si peu" car le même jour, dans la délibération juste en dessous, le maire et ses conseillers avaient décidé « après en avoir délibéré et vu l’importance du coût des travaux » de REFLECHIR… et donc discrètement de ne rien faire.

 

En 2008, j’avais révélé publiquement l’importance de ces travaux, en particulier leur coût : 600 000 €. Mais trop occupé à [...]  se faire réélire, sans étiquette [...] et surtout sans programme, le maire ne s’est bien sûr surtout pas expliqué sur ce projet avorté et sur son financement « éventuel »…futur, futur, futuuuuuur...

 

Quatre années ont passé et à ce jour RIEN n’a été fait. A en croire les voeux 2011 du maire Blanchard II , ils réfléchissent encore...

 

En 2013, que peut-on dire de plus ? tout juste actualiser et constater que : six années ont passé et à ce jour RIEN n'a été fait. Ils réfléchissent encore…

 

Le réseau de distribution d'eau potable

 

Extrait du registre des délibérations :

"Le Conseil municipal sursoit à la décision […] pour la mission d'assistance relative au diagnostic du réseau d'eau potable communal."

 

Toujours lors du CM du 25 octobre, suite à la présentation par le maire d'un devis d'assistance technique
(7 500 € TTC) du Syndicat Départemental des Eaux, le CM a décidé… d'attendre.

Le diagnostic du réseau d'eau potable que le maire nous annonce depuis des années comme imminent est donc reporté une fois de plus à des jours meilleurs. Faute de moyens financiers disponibles pour le service des eaux, le maire et le CM préfèrent se boucher les yeux et surtout ne pas savoir, de peur qu'une nouvelle estimation du coût de la réfection du réseau d'eau potable ne vienne confirmer celle de 2007 qui rappelons le avoisinait les 600 000 €. Hé! Pour ce prix là, t'as une salle des fêtes… faut choisir. Pour l'eau, i'vont réfléchir.

 

 

 

Pour garder le moral ;-)) , une partie de nos... sources !!

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Publié dans Information communale

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